Scott McKay : un passionné de l’eau, un homme d’action

 - Conférences

Scott McKay est un spécialiste de l’eau et des sciences de l’environnement qui compte plus de 30 ans d’expérience dans les milieux gouvernementaux, des affaires et de la consultation. Il a assumé des postes de leadership et géré des enjeux stratégiques au Canada, aux États-Unis et à l’étranger. Titulaire d’une maîtrise en sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal, M. McKay a été conseiller municipal à Montréal, chef du Parti vert du Québec et membre de l’Assemblée nationale du Québec. Il est aussi l’auteur du livre : « Pour un Québec vert et bleu. Le virage vert, l’économie et la gouvernance », paru en 2003. M. McKay est actuellement gestionnaire des politiques et des programmes relatifs à l’eau pour un organisme binational canado-américain, l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser aux enjeux environnementaux à travers l’action politique?

Dans l’est de Montréal, à l’ombre des cheminées des raffineries et de la cimenterie Canada Ciment, l’environnement naturel où j’ai été élevé s’est longtemps limité à un champ d’aubépines, parsemé de carcasses de voitures abandonnées. C’est peut-être ce qui m’a amené à m’intéresser aux enjeux environnementaux dans les villes et aussi au contrôle et à la réduction à la source des rejets industriels. La première image qui me vient à l’esprit lorsque je tente de retrouver la source de mon intérêt envers les questions de pollution et d’environnement, c’est celle d’un déversement de pétrole sur une plage, images de marée noire avec ses animaux englués et ses bénévoles s’efforçant de les récupérer et de les nettoyer. « C’est ça que je veux faire dans la vie ! », me dis-je innocemment. J’avais probablement 10 ou 12 ans…  Adolescent plutôt rêveur et romantique, ce sont d’abord les chansons du groupe Beau Dommage qui m’aident à prendre conscience de mon statut d’enfant d’ouvrier évoluant dans un monde complètement artificialisé. Puis, ce sont les poésies de Lucien Francoeur et de Raôul Duguay qui viennent bouleverser mon âme d’adolescent.

Expert sur les questions de l’eau, homme politique, auteur, professeur, conseiller stratégique, mentor, quelle est cette passion qui vous anime encore?

Ce qui m’anime, ce qui alimente ma passion, c’est que je n’accepte pas de baisser les bras devant les situations qui me révoltent. Par exemple, je n’accepte pas qu’on continue à faire comme si les changements climatiques n’existaient pas et qu’on prépare un avenir merdique à nos enfants. Il doit y avoir une autre façon de vivre, de travailler, de créer de l’emploi, de répondre à nos besoins légitimes. Une société écologique, je trouve que ça fait tellement de sens, je trouve que je n’ai pas le droit de ne rien faire. Aussi, je suis révolté, vraiment, contre l’hypocrisie de ceux et celles qui marginalisent les solutions écologistes. La société écologique n’est pas à gauche ou à droite, elle est en avant. Les solutions, elles ne sont pas « cutes », ce sont de vraies solutions qui vont changer nos vies. Enfin, je suis stimulé parce que, enfin, les débats sur l’environnement sont plus présents sur la place publique. Que plus de 260 000 personnes au Québec signent le Pacte de la transition, je trouve ça plutôt encourageant. Au fait, l’avez-vous signé?…

Vous enseignez au département de Stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’Université du Québec à Montréal, de quelle façon vous inspirez vos étudiants aux enjeux environnementaux?

Quand j’enseigne la responsabilité sociale des entreprises, j’encourage les étudiants à s’inspirer des leaders dans le monde des affaires. On aime bien montrer du doigt les voyous du monde des affaires, mais il y a aussi des modèles. Il n’y en a pas assez, je suis bien d’accord, mais il y en a et il faut les faire mieux connaître. C’est une des raisons pour lesquelles le travail de session du cours de responsabilité sociale à l’UQAM consiste à produire une vidéo. On veut faire connaître les bons coups, toujours avec un sens critique, mais une critique constructive.

 Quelles sont, selon vous, les solutions à préconiser pour protéger nos infrastructures d’eau face aux changements climatiques?

Les solutions à préconiser reposent nécessairement sur la participation et l’implication citoyenne. En effet, il faut faire en sorte que nos villes soient des éponges, qu’elles absorbent l’eau pendant les pluies, plutôt que de chercher à évacuer l’eau le plus vite possible comme on l’a fait jusqu’à maintenant. Avec les événements climatiques extrêmes qui sont plus fréquents et plus violents, chaque espace libre doit contribuer à absorber l’eau qui tombe sur nos toits, sur nos terrains, dans nos rues. Alors, plutôt que d’investir des millions de dollars – des centaines de millions dans le cas d’une ville comme Montréal – pour installer des tuyaux plus gros, il faut payer les citoyens pour qu’ils gardent l’eau chez eux, en leur payant des barils pour l’eau de pluie, des toits verts, des jardins, des rues et des ruelles vertes. Même nos places publiques peuvent devenir des réservoirs pour l’eau pendant de fortes pluies. Quand je vous disais qu’une société écologique ça fait tellement de sens…

 

Scott McKay présentera la conférence « Protocole pour les sites stratégiques et les infrastructures adaptées aux changements climatiques : méthode d’évaluation rapide de la vulnérabilité au climat », le 26 mars dans la salle Adaptation aux changements climatiques. 

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